Dominique DUCLOZ

J’ai commencé la musique à 7 ans ; par 2 ans de solfège, obligatoire avant de commencer son instrument.

J’ai eu comme 1er professeur quelqu’un de très sévère, ancien militaire de carrière.
Lorsque nous n’avions pas assez travaillé, il nous enfermait dans son grenier, sans électricité ni chauffage et nous devions travailler sur le piano, éclairés par une seule bougie, jusqu’à ce qu’il revienne nous chercher, 1 ou 2 heures plus tard.
Mais….j’étais sa meilleure élève et je n’ai connu le grenier qu’une seule fois en 3 ans de cours avec lui. Mon frère et ma soeur y sont montés bien plus souvent (petite anecdote, nous sommes tous les trois prof de piano).
Ensuite, je suis entée au conservatoire de Chambéry.
J’ai eu comme professeur quelqu’un de formidable, qui exerçait sa pédagogie avec beaucoup de finesse.
J’ai très vite su que je ne serai pas concertiste (pas assez douée). Ce qui m’intéressait, c’était l’enseignement et depuis cette rencontre, j’ai toujours été à la recherche de ce “petit truc subtil” qui donne envie à n’importe quel élève d’aimer son instrument et de le travailler.
A 13 ans, j’ai annoncé à mes parents que je serai prof de piano.
J’ai suivi tout le cursus du conservatoire, obtenu mon diplôme de fin d’études et une 2eme médaille en piano, solfège et musique de chambre.
De 18 à 20 ans, j’ai eu la chance d’enseigner au conservatoire (piano et solfège).
Suite à mon mariage, je suis venue vivre dans la région et j’ai trouvé un poste à l’école municipale de Muret.
J’habitais à Gouzens et à cette époque (1981), il n’y avait aucune école de musique entre Saint-Gaudens et Muret.
Avec beaucoup d’ardeur et l’aide des municipalités, je me suis démenée pour monter les écoles de Montesquieu- Volvestre, Cazères, l’école de Mirés Vincent à Muret et enfin celle de Boussens/Saint-Martory.
En parallèle, je suis rentrée dans diverses formations (orchestres de bal musette, quartet de jazz, duo avec chanteurs….).
Et là, je me suis rendue compte que ma formation très classique ne suffisait pas. Je découvrais les grilles d’accords à l’age de 20 ans, après 12 ans de piano !
Très vite j’ai su que je donnerai dès le départ à mes élèves, une ouverture sur le jazz, la variété et le classique.
J’ai fait le choix dans ma profession, de préférer les petites écoles de musique, de taille plus humaines dans lesquelles la liberté d’expression est favorisée. Par 3 fois, j’ai refusé un poste de fonctionnaire dans les écoles de musique municipales, malgré le très bon salaire à la clé, les 20 heures hebdomadaires et l’absence de bénévolat.
A mes yeux, l’école de Cazères est le reflet de ce que devrait être toute école de musique. Nous sommes l’une des rares écoles qui voit ses élèves adolescents continuer à venir prendre des cours. Même les jeunes adultes sont toujours là. Nous travaillons beaucoup en musique d’ensemble, sous forme d’ateliers ou de groupes (variété, rock, jazz et classique).

Après 30 ans d’enseignement, je pense avoir affiné ma pédagogie pour être avec mes élèves “juste assez” exigeante, tout en étant proche d’eux.

Ecole Intercommunale de Musique des Petites Pyrénées